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Sunday, November 1, 2026

L’effet de L'ajoène(ail) sur le cancer…

 



 

L'ajoène est un composé organosulfuré dérivé de l'ail (formé lors de la dégradation de l'allicine, notamment dans l'ail macéré dans l'huile).

 

Propriétés anti-cancer (données in vitro et précliniques)                      

 

·         Induction de l'apoptose : L'ajoène montre une capacité à déclencher la mort cellulaire programmée (apoptose) et à inhiber la prolifération de certaines cellules tumorales en laboratoire.

·         Action sur les leucémies : Il a été particulièrement étudié pour son effet sur les cellules de leucémie myéloïde (comme les lignées HL-60 ou U937), en activant la cascade des caspases et en réduisant la protéine anti-apoptotique Bcl-2.

·         Synergie thérapeutique : Des études suggèrent qu'il pourrait renforcer l'effet de certains traitements de chimiothérapie (comme la cytarabine) sur des cellules résistantes.

Génération d'espèces réactives de l'oxygène (ROS) : Son mode d'action implique souvent une hausse du stress oxydatif au sein des cellules cancéreuses.

 

La cytarabine (ou Ara-C) est un médicament de chimiothérapie de la classe des antimétabolites (analogues de la pyrimidine), utilisé principalement dans le traitement des cancers hématologiques comme les leucémies aiguës.

 

La hausse du stress oxydatif au sein des cellules cancéreuses résulte d'une surproduction d'espèces réactives de l'oxygène (ERO) liée à l'altération de leur métabolisme et à l'activité des oncogènes.

 

Les ERO (Espèces Réactives de l'Oxygène), aussi appelées ROS (de l'anglais Reactive Oxygen Species), désignent des molécules chimiques instables et très réactives dérivées de l'oxygène.

 

Dépendance aux antioxydants : Pour survivre à ce niveau élevé de radicaux libres sans être détruites, les cellules cancéreuses renforcent leurs systèmes de défense antioxydants (comme le glutathion ou la catalase)

Un double tranchant (Vulnérabilité) : Si les ERO favorisent initialement la prolifération et les mutations, un excès trop important dépasse leur seuil de tolérance et déclenche leur mort par apoptose.

 

Applications thérapeutiques

 

Stratégie pro-oxydante : De nombreuses recherches en oncologie exploitent cette fragilité. L'administration de molécules ou de traitements qui augmentent encore la production de ROS ou qui inhibent les défenses antioxydantes permet d'induire une cytotoxicité sélective, détruisant ainsi les cellules tumorales tout en épargnant davantage les cellules saines.

 

Types de cancers étudiés :

 

Les recherches se font principalement in vitro (sur des lignées cellulaires en laboratoire) et in vivo (sur des modèles animaux), ciblant plusieurs pathologies :

 

·         Leucémies : L'ajoène a montré une efficacité notable pour induire l'apoptose dans les cellules de la leucémie aiguë myéloïde (LAM).

·         Mélanome et cancers de la peau : Des études sur des souris ont mis en évidence une forte action inhibitrice contre la croissance des mélanomes et leurs métastases pulmonaires. Des applications topiques ont également été testées sur le carcinome basocellulaire.

·         Cancers du sein, de la prostate et du col de l'utérus : Les analogues synthétiques ou l'ajoène naturel démontrent une toxicité sélective, détruisant préférentiellement les cellules cancéreuses par rapport aux cellules saines

 

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Molécules naturelles à effet pro-oxydant dose-dépendant

 

Certains antioxydants naturels changent de comportement à forte concentration ou en présence de métaux de transition (comme le fer ou le cuivre présents dans les tumeurs), agissant alors comme des pro-oxydants.

 

·         La Curcumine et le Resvératrol à haute dose : Augmentent le stress oxydatif mitochondrial de façon sélective dans les cellules tumorales.

·          

·         La Vitamine C intraveineuse (haute dose) : À des concentrations pharmacologiques injectées, l'ascorbate réagit avec le fer ferreux pour générer de grandes quantités de peroxyde d'hydrogène (H2O2) dans le milieu extracellulaire, détruisant les cellules cancéreuses.

 

L'ajoène est un composé organosulfuré naturellement présent dans l'ail broyé. En recherche oncologique, il suscite un grand intérêt en raison de sa capacité à induire l'apoptose (la mort cellulaire programmée) des cellules cancéreuses, notamment en augmentant de manière drastique la production de dérivés réactifs de l'oxygène (ROS).

 

Pourquoi l'augmentation des ROS est-elle ciblée ?

 

Bien que les ROS soient généralement perçus comme nocifs, les cellules cancéreuses ont une tolérance au stress oxydatif plus fragile que les cellules saines. En augmentant encore plus la production de ROS au-delà d'un certain seuil critique, l'ajoène déclenche une cytotoxicité sélective : il tue les cellules tumorales tout en épargnant relativement les cellules normales.

 

Limites actuelles :

 

Malgré ces résultats prometteurs, l'utilisation de l'ajoène naturel chez l'humain fait face à des obstacles majeurs :

 

Faible biodisponibilité et instabilité : L'ajoène est instable dans le sang et s'élimine trop rapidement pour atteindre efficacement les tumeurs profondes à l'état naturel

 

 

Biodisponibilité : Le développement clinique de l'ajoène naturel reste freiné par sa faible stabilité et sa biodisponibilité limitée dans l'organisme.

                                                    

Solutions pour améliorer la stabilité et la biodisponibilité :

 

Pour contourner ces limites, la recherche scientifique et l'industrie se tournent vers de nouvelles méthodes d'administration :

 

L'encapsulation lipidique : L'intégration de l'ajoène dans des liposomes, des nano-émulsions ou des nanoparticules lipidiques solides protège la molécule contre l'acidité gastrique et augmente son absorption intestinale.

 

Les formes topiques : En application cutanée (gels ou crèmes pour traiter les mycoses), l'ajoène présente une bonne pénétration locale sans subir les dégradations du système digestif.

 

Note : l'ajoène traverse efficacement la barrière cutanée pour atteindre la circulation sanguine.

 

Pour plus d’efficacité de pénétration, la synergie de l’ajoène et le linalol traversent efficacement la barrière cutanée pour atteindre la circulation sanguine. Grâce à leur nature lipidique ou lipophile (affinité pour les graisses), ces deux composés parviennent à franchir l'épiderme par diffusion passive à travers le ciment lipidique intercellulaire.

 

Contrairement à l'ajoène ou à l'allicine, certains composés dérivés de l'ail qui sont hydrosolubles (comme la S-allyl-cystéine ou SAC, que l'on trouve en abondance dans l'extrait d'ail vieilli) possèdent une excellente stabilité métabolique. La SAC est facilement absorbée, reste stable dans le sang et peut être détectée intacte dans le plasma, le foie et les reins.

 

                                              A suivre : zoom sur  Le linalol…   

Amicalement à vous !

Ch.Mustapha Laouedj : Conseiller en phytothérapie et herboriste.  

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